Devenir Petit En Essayant De Grandin

Jules de Grandin est un personnage de fictionfrançais, créé par l'écrivain américain Seabury Quinn en octobre 1925 pour The Unique Magazine, puis essentiellement pour Weird Tales. Il fut le héros de 92 nouvelles et 1 roman (The devil's bride, ou la fiancée du démon) jusqu'en 1951 (sur les 145 textes de l'auteur publiés par Weird Tales). 13 histoires seulement ont été traduites en français, et publiées il y a déjà une quinzaine d'années.

Biographie[modifier | modifier le code]

Chasseur de fantômes et enquêteur du surnaturel, il est dans la lignée du Harry Dickson de Jean Ray (écrivain également publié sous le pseudonyme de John Flanders en 1934 et 1935 dans Weird Tales où il croisa S. Quinn[1], dont les histoires ont cependant une explication scientifique), de John Silence de Algernon Blackwood, de Thomas Carnacki de William Hope Hodgson, ou encore de Craig Kennedy par Arthur B. Reeve.

Il doit son existence pérenne à Farnsworth Wright, rédacteur en chef de Weird Tales en 1925, afin de fidéliser les lecteurs de la revue. De Grandin est ainsi devenu le principal héros récurrent de celle-ci avant-guerre.

Il est né de père protestant et de mère catholique. Précocement transit en amour (sa promise Héloïse, catholique, entrant en définitive dans les ordres comme carmélite[2]), il est âgé d'une quarantaine d'années et de robuste constitution malgré ses écarts alimentaires, son penchant pour les alcools forts, et son tabagisme invétéré.

Physiquement, il est décrit comme petit (1,63 m), blond ("malgré le fait d'être français") mais aux sourcils châtain foncé, aux fins yeux bleus et à la grande bouche, d'allure autoritaire ("militaire" même). Sa fine moustache est cirée en pointes horizontales. Il porte fréquemment un feutre vert incliné sur l'oreille droite, un manteau de tweed gris à col de chinchilla, ainsi que des pantoufles violettes en peau de serpent[3]. Il tient aussi souvent une canne-épée en bois d'ébène. Célibataire galant (mais homophobe[4] et puritain) et glouton (gâteaux à la crème à foison), il jure fréquemment, emploi l'argot parisien, et a plus que tendance à parler avec autosatisfaction de lui-même, à la troisième personne. Son phrasé est ampoulé et obsolète. Étant fat de nature, il a tout vu, tout connu, et tout entendu. Pionnier dans le traitement de "l'angine pectorale", auteur de plusieurs ouvrages médicaux, ses jurons favoris (et colorés) sont Par la barbe (ou les cornes) du bouc vert!, Nom d'un petit bonhomme bleu (prémonitoire), et Bye blue! (pour "Parbleu!")... mais on peut encore trouver (au fil des textes) quelques Nom d'un chou vert!, Par la barbe d'un druide!, Mort d'un rat rouge!, Mort d'un crapaud!, ou encore Pour l'amour d'une grenouille verte! bien sentis.

Titulaire de doctorats en droit et en médecine, il est présenté :

  • tantôt comme un officier de la police secrète de Paris (Service de la Sûreté) en mission aux États-Unis (1925),
  • tantôt comme un détective français (1926),
  • tantôt comme docteur de l'Université de la Sorbonne où il professe ("l'un des principaux scientifiques et criminologistes du monde") (1926),
  • tantôt comme un simple docteur en médecine ("l'un des meilleurs anatomistes et physiologistes de la Faculté de Paris"[5]), devenu chirurgien avant le premier conflit mondial (1928),
  • ainsi que comme un ancien agent secret, durant la guerre (1928).

Il a de multiples dons, dont le mesmérisme (hypnose).

Il est le plus fréquemment accompagné du Dr Samuel Towbridge comme faire-valoir (avatar du docteur Watson apparu dans The horror on the link, alors qu'il effectue son premier voyage aux États-Unis en 1925 pour étudier de nouvelles techniques d'investigations policières et de nouvelles recherches médicales), quinquagénaire poli et affable, de parenté originaire du New Jersey. Médecin généraliste lui aussi célibataire, républicain membre de l'église épiscopale et de l'ordre des Templiers, il est l'hébergeur attitré de notre héros au 903 Susquehanna Avenue. Tous deux vivent à Harrisonville sous la protection des dieux lares[6] (petite ville fictive proche de New York -et de la mythiqueArkham- infestée de monstres, de scientifiques malveillants, ainsi que par les phénomènes surnaturels), et de leur gouvernante Miss Nora McGinnis, un fin cordon bleu. Le sergent Costello (d'origine irlandaise et irascible) fait fréquemment appel à leurs services, parfois rémunérés (par l'assureur Lloyd's par exemple). De Grandin est de temps à autre assisté par deux coroners, Mister Martin et l'antipathique Dame Parnell.

En 1939 il rentre en France pour défendre son pays, puis se retrouve dans le protectorat de Syrie en 1940. Devenu combattant de la France libre, il obtient le grade de capitaine et devient officier de liaison. Il est promu commandant en 1944. Agent du contre-espionnage français, de Grandin voyage souvent après-guerre dans l'empire colonial de son pays, en Afrique et en Indochine.

Son seul maître est un oriental, le docteur Hussein Obeyid. Un collègue de la Sûreté parisienne (Georges-Jean-Jacques-Joseph-Marie Renouard), un baron britannique désargenté (Hiji Ingraham), et un couple de népalais (les Ram Chitra Das) peuvent parfois lui apporter leur concours.

The tenants of Broussac (intrigue se déroulant à Rouen) est un texte retenu en mars 1933 pour les 10 ans du mensuel, comme l'une des "7 meilleures histoires de Weird Tales" à l'époque, par référendum auprès du lectorat.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Citations[modifier | modifier le code]

Jules de Grandin:
  • Immediately!
  • At once! (sur-le-champ!)
  • Right away! (fissa!)
  • Precisely! (de facto!)
  • ...Me? I am de Gradin!
Son père-créateur:
  • Si le ciel dans sa bonté m’avait octroyé le bonheur d’avoir un fils,
    je lui aurais strictement interdit d’étudier la médecine.
    Il va sans dire que si il avais choisi une autre profession,
    je l’aurais étranglé!
    [7]

Anecdotes[modifier | modifier le code]

  • S. Quinn (Seabury Grandin Quinn, Grandin étant le nom de sa mère d'ascendance française) fit également des études de droit ET de médecine, à Washington D.C., où il exerça le métier d'avocat et de conseiller juridique;
  • Les américains Edgar Allan Poe (The mystery of Marie Rogêt, 1842), puis Robert W. Chambers (The king in yellow), et Howard Philips Lovecraft (The music of Erich Zann) publièrent également des récits ayant alors pour cadre la France;
  • Dès sa première nouvelle publiée dans Weird Tales (The phantom farnhouse en 1923), S. Quinn emploie des tournures françisées dans son texte (loop pour loup-garou…);
  • Le nom de famille Grandin est un ancien sobriquet affectueux signifiant le petit grand; l'auteur emploie d'ailleurs parfois les termes de mon petit et même de mon petit oison[8] (le petit de l'oie et du cygne) dans la bouche des amis de son personnage vedette. Il sert aussi indirectement à mettre en valeur l'orgueil de celui-ci;
  • Après plus de soixante aventures de son personnage, S. Quinn ne savait toujours pas à quoi il ressemblait vraiment[9].

Bibliographie française[modifier | modifier le code]

  • 1971 : Dans l'épouvante (Christian Bourgois, traduction de Georges H. Gallet)
    • La fiancée du démon (1932)
  • 1975 : 13 histoires de sorcellerie (André Gérard, anthologie par Albert van Hagelan et Jean-Baptiste Baronian)
  • 1975 à 1979 : Les meilleurs récits de Weird Tales (vol. 1, 2, et 3, J'ai Lu, introductions de Jacques Sadoul)
    • La malédiction des Phipps (1930)
    • La farce de Warburg Tantavul (1934)
    • Routes (1938)
  • 1979 : Les archives de Jules de Grandin (Le masque fantastique, Librairie des Champs-Élysées, préface Docteur de Grandin, je présume ? par Danny de Laet)
    • Terreur au golf (1925)
    • la malédiction d'Everard Maundy (1927)
    • Le Poltergeist (1927)
    • Les descendants d'Ubasti (1929)
    • La mort venue de loin (1930)
  • 1996 : Jules de Grandin, le Sherlock Holmes du surnaturel (Fleuve noir, préface de Francis Saint-Martin)
    • La malédiction de Broussac (1925)
    • La chapelle de l'horreur mystique (1928)
    • La fiancée du démon (1932)
  • 1999 : Le bal des loups-garous (Denoël, coll. Lunes d'Encre, anthologie par Barbara Sadoul)
    • Le loup de Saint-Bonnot (1930)

Chronologie américaine[modifier | modifier le code]

(au fil des mois)

Horror on the Links (connue sous le titre remanié en 1966 de "Terror on the Links", du à August Derleth pour une première anthologie chez Microft & Moran)
The Tenants of Broussac (première apparition physique de de Grandin)
The Isle of Missing Ships
The Vengeance of India
The Dead Hand
The House of Horror
Ancient Fires
The Great God Pan
The Grinning Mummy
The Man Who Cast No Shadow
The Blood Flower
The Veiled Prophetess
The Curse of Everand Maundy
Creeping Shadows
The White Lady of the Orphanage
The Poltergeist
The Gods of East and West
Mephistopheles and Company Ltd.
The Jewel of the Seven Stones
The Serpent Woman
Body and Soul
Restless Souls
The Chapel of Mystic Horror
The Black Master
The Devil-People
The Devil's Rosary
The House of the Golden Masks
The Corpse-Master
Trespassing Souls
The Silver Countess
The House Without a Mirror
Children of Ubasti
The Curse of the House of Phipps (connue sous le titre "The Doom of the House of Phipps")
The Drums of Damballah
The Dust of Egypt
The Brain-Thief
The Priestess of the Ivory Feet
The Bride of Dewer
Daughter of the Moonlight
The Druid's Shadow
Stealthy Death
The Wolf of St. Bonnot
The Lost Lady
The Ghost-Helper
Satan's Stepson
The Devil’s Bride
The Dark Angel
The Heart of Siva
The Bleeding Mummy
The Door to Yesterday
A Gamble in Souls
The Thing in the Fog
The Hand of Glory
The Chosen of Vishnu
Malay Horror
The Mansion of Unholy Magic
Red Gauntlets of Czerni
The Red Knife of Hassan
The Jest of Warburg Tantavul
The Hands of the Dead
The Black Orchid
The Dead-Alive Mummy
A Rival From the Grave
Witch-House
The Children of the Bat
Satan's Palimpsest
Pledged to the Dead
Living Buddhess
Flames of Vengeance
Frozen Beauty
Incense of Abomination
Suicide Chapel
The Venomed Death of Vengeance
Black Moon
The Poltergeist of Swan Upping
The House Where Time Stood Still
Mansions in the Sky
The House of the Three Corpses
Stoneman’s Memorial
Death's Bookkeeper
The Green God's Ring
Lords of the Ghostlands
Kurban
The Man in the Crescent Terrace
Three in Chains
Catspaws
Lotte
Eyes in the Dark
Clair de Lune
Vampire Kith and Kin
Conscience Maketh Cowards
The Body Snatchers
The Ring of Bastet

Bibliographie américaine (anthologies)[modifier | modifier le code]

  • Robert Weinberg: My Life With Jules de Grandin (The Adventures of Jules de Grandin Vol.1 (1925-1930), Popular Library, august 1976) (préface);
  • Lin Carter: A Sherlock of the Supernatural (The Adventures of Jules de Grandin Vol.1 (1925-1930), Popular Library, august 1976) (postface);
  • Seabury Quinn Jr: My Father and I (The Adventures of Jules de Grandin Vol.2 (1925-1934), Popular Library, august 1976);
  • Seabury Quinn: By Way of Explanation (The Adventures of Jules de Grandin Vol.3 (1935-1951), Popular Library, august 1976);
  • Jim Rockhill: The Occult Delights of Jules de Grandin (The Adventures of Jules de Grandin Vol.3 (1935-1951), Popular Library, august 1976).

(nb: The Adventures of Jules de Grandin est une intégrale en 6 volumes -de poche-, parue à New York entre 1976 et 1977)

Hommage[modifier | modifier le code]

  • (en)Artahe : The Legacy of Jules de Grandin, Philippe Ward (adapté par David Kirshbaum), Black Coat Press, 23 novembre 2004.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  • Roger Bozetto, chapitre Jules de Grandin et Thomas Carnacki, dans Les frontières du fantastique, approches de l'impensable en littérature, Presse de l'Université de Valencienne, 2004 (repris en 2007 dans Les détectives de l'étrange : domaine anglo-saxon);
  • Roger Bozetto, chapitre Seabury Quinn et W.H. Hodgson : Jules de Grandin et Carnacki vont à la chasse, dans Les détectives de l'étrange : domaine anglo-saxon (tome 1, vigueur du domaine anglo-saxon), éditions Le Manuscrit (Manuscrit Université), 2007 (Paris), 325p.;
  • Jean Marigny, chapitre Les détectives face aux vampires (Flaxman Low, Dr Taverner, J. de Grandin), dans Les détectives de l'étrange : domaine anglo-saxon (tome 1, vigueur du domaine anglo-saxon), éditions Le Manuscrit (Manuscrit Université), 2007 (Paris), 325p..

Notes et références[modifier | modifier le code]

J. de Grandin imaginé par Virgil Finlay… à partir de deux photographies de revues médicales.
Représentation dans Pledged to the dead (nouvelle de 1937).
Le Dr S. Trowbridge (déjà apparu dans la nouvelle The stone image pour la revue The Thrill Book en 1919).
The Doom of the House of Phipps (janvier 1930).
The jest of Warburg Tantavul (septembre 1934).
  1. ↑Préface Docteur de Grandin, je présume ?, Danny de Laet, dans Les archives de Jules de Grandin, Le Masque fantastique, 1979.
  2. ↑La fiancée du démon (Jules de Grandin, le Sherlock Holmes du surnaturel, éd. Fleuve Noir, 1996, p. 389).
  3. ↑La chapelle de l'horreur mystique (Jules de Grandin, le Sherlock Holmes du surnaturel, éd.Fleuve Noir, 1996).
  4. ↑Jugeant Lesbos comme un "amour interdit" dans Le poltergeist (Les archives de Jules de Grandin, 1979, p. 162).
  5. ↑La malédiction de Broussac (Jules de Grandin, le Sherlock Holmes du surnaturel, éd.Fleuve Noir, 1996).
  6. ↑À ne pas confondre avec Harrisonville dans le New Jersey, ni avec Harrison proche de Newark.
  7. ↑(in les archives de Jules de Grandin)
  8. ↑(en français dans le texte)
  9. ↑Correspondance avec Virgil Finlay (dessinateur entre autres de couvertures de pulps) datée de 1936.
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64 réponses

Bonjour,

Ton téléviseur et ta télécommande semblent bien ne pas être compatible. C'est bcp plus fréquent que le terme "universelle" peut le faire croire.Toutefois, ce n'est pas ta télé qu'il faut changer, mais ta télécommande.

La solution la plus sure, la télécommande de remplacement qui a en outre l'avantage de fonctionner comme la télécommande d'origine.
Tu vas ICI et tu indiques la marque et la référence de ta télé.
Il est très rare que la télécommande dont on a besoin ne soit pas présente. Si jamais c'était le cas, tu n'aurais qu'à leur téléphoner pour leur demander ce qu'ils te proposent.
Bonjour jmp59, à ce que je vois vous êtes un connaisseur, et pour ne pas vous agacer plus que ce que vous ne l'êtes ;) , la marque de la télécommande universelle que je viens d'acheter est une SBC RU 252 (Philips) et logiquement ma télévision est une Grandin... Je n'ai plus mon ancienne télécommande et impossible de régler ma nouvelle... Aprés avoir utilisé tout les codes se trouvant dans le manuel (code à 4 chiffres) je viens demander une aide!! je désespère vraiment.... Merci d'avance
Précise ton problème.

Utilises-tu la télécommande d'origine où une télécommande universelle ? (sa marque et son modèle ?)
Ta télécommande a-t-elle une action sur la télé quand tu appuies sur une touche numérique ?

Y a-t-il une touche Menu (ou simplement M) sur ta télécommande ?
Si je m'en tiens strictement à ce que tu demandes, en appuyant sur cette touche tu devrais faire apparaître plusieurs lignes te proposant chacune une action sur ton téléviseur. Ensuite, en utilisant les 4 flêches directionnelles et le bouton central tu dois pouvoir te promener dans les différentes pages du menu. En particulier la recherche automatique des chaînes.

Pratiquement impossible de trouver sur le net les notices de Grandin qui est une marque de distributeur, en particulier Conforama, pas de constructeur.

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